Métiers qui recrutent : la demande actuelle et comment lire le marché du travail
Quels métiers peinent à recruter aujourd'hui, et comment vérifier la demande dans votre pays ? Des données officielles de trois pays et une méthode en cinq étapes.

Les listes de métiers qui recrutent changent chaque année, et beaucoup de publications « top 10 » ne citent jamais leurs sources. Les enquêtes officielles sur le marché du travail offrent pourtant un repère bien plus fiable. Ce guide présente donc les données les plus récentes de trois pays : la France, la Turquie et les États-Unis. Il vous donne ensuite une méthode simple pour vérifier le marché du travail là où vous comptez vivre et travailler. Pour une vision plus lointaine, jusqu’en 2030, consultez notre guide sur les métiers d’avenir.
Trois sens de « métiers qui recrutent »
L’expression « ça recrute » peut recouvrir trois réalités différentes, et les confondre mène à de mauvais choix :
- Beaucoup d’offres : de nombreux postes ouverts, souvent des emplois débutants ou saisonniers.
- Recrutements difficiles : les employeurs ne trouvent pas les compétences dont ils ont besoin, signe d’une vraie pénurie.
- Forte croissance : un taux de croissance élevé, parfois à partir d’une base réduite.
En effet, un métier peut appartenir à un groupe sans appartenir aux autres. Vérifiez donc toujours quel type de liste vous lisez.
Les métiers qui recrutent en France : l’enquête BMO 2026
Chaque année, France Travail publie l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO). L’édition 2026, parue le 21 avril 2026, repose sur une enquête menée d’octobre à décembre 2025. Elle recense ainsi environ 2,3 millions de projets de recrutement, soit 6,5 % de moins qu’en 2025. Par ailleurs, les employeurs jugent 43,8 % de ces projets difficiles, contre 50,1 % un an plus tôt.
Selon France Travail (2026), la santé, le social et les services à la personne arrivent en tête avec 322 000 projets, dont 54 % jugés difficiles. L’hôtellerie-restauration suit de près avec 319 000 projets. Viennent ensuite le commerce (264 000), l’industrie (211 000) et l’agriculture (193 000). Le BTP affiche toutefois le taux de difficulté le plus élevé, à 65 %.
Par métier, les aides de cuisine et employés polyvalents de restauration arrivent en tête, avec 97 100 projets. Les serveurs de cafés-restaurants suivent avec 93 800. Puis viennent les viticulteurs et arboriculteurs, dont plus de 95 % des projets sont saisonniers. Enfin, les difficultés les plus fortes touchent les ouvriers qualifiés de l’usinage (80,6 %), les couvreurs (79,7 %) et les médecins (78,8 %). Les données détaillées, par métier et par bassin d’emploi, se trouvent sur le site de France Travail.
Turquie : l’enquête İŞKUR 2025
En Turquie, l’agence publique pour l’emploi İŞKUR mène chaque année une enquête sur le marché du travail. En 2025, l’enquête de terrain a duré du 14 avril au 16 mai, et 85 503 établissements ont répondu. Les résultats couvrent les établissements de deux salariés ou plus.
L’enquête recense ainsi 295 503 emplois vacants, environ 39 % de moins qu’en 2024. Les employeurs déclarent aussi avoir eu du mal à trouver 398 618 personnes au total. Selon İŞKUR, les métiers les plus difficiles à pourvoir sont les serveurs, les opérateurs de machines à coudre et les manutentionnaires. Suivent les soudeurs, les chauffeurs de poids lourds et les conseillers de vente. Le top 10 compte aussi les cuisiniers, les manœuvres du bâtiment, les soudeurs MIG-MAG et les chauffeurs de voyageurs. Le rapport note que ces pénuries deviennent chroniques, car la liste ressemble beaucoup à celle de 2024. Les rapports se trouvent sur le site d’İŞKUR (en turc).
États-Unis : les projections du BLS 2025-2035
Le Bureau of Labor Statistics (BLS) américain a publié de nouvelles projections sur dix ans le 27 août 2026. Il prévoit une hausse de l’emploi total de 3,5 % entre 2025 et 2035. La santé et l’action sociale privées ajoutent le plus d’emplois, plus de 2,2 millions. À l’inverse, le support administratif et de bureau recule le plus vite, de 4,0 %.
Selon le BLS (2025-2035), les infirmiers en pratique avancée (nurse practitioners) connaissent la plus forte croissance en pourcentage, avec 41 %. Suivent les installateurs de panneaux photovoltaïques (37 %), les data scientists (35 %) et les techniciens de maintenance d’éoliennes (30 %). Ces chiffres concernent les États-Unis : vérifiez donc s’ils valent pour le pays où vous voulez travailler. La liste complète figure dans l’Occupational Outlook Handbook du BLS (en anglais).
Ce que les métiers qui recrutent ont en commun
Les pays et les méthodes diffèrent, mais certaines tendances reviennent :
- La santé et le soin dominent en France et dans les projections américaines.
- Les métiers qualifiés comme la soudure, la couverture ou l’usinage peinent à recruter en France et en Turquie.
- L’hôtellerie-restauration offre aussi beaucoup de postes dans les deux pays.
- Les métiers des données et des énergies vertes progressent vite dans les projections américaines.
La leçon est simple : les métiers qui recrutent ne sont pas seulement numériques. Beaucoup de pénuries concernent des métiers concrets, accessibles par la formation professionnelle ou liés au soin.
Comment vérifier les métiers qui recrutent dans votre pays
Appliquez cette méthode en cinq étapes, quel que soit le pays :
- Trouvez la source officielle : ministère du Travail, service public de l’emploi ou institut national de statistique.
- Vérifiez l’année et la méthode. S’agit-il d’une enquête sur les besoins actuels des employeurs ou d’une projection à dix ans ?
- Distinguez les trois sens. Notez les métiers avec beaucoup d’offres, ceux qui peinent à recruter et ceux qui progressent vite.
- Regardez votre région. France Travail publie les résultats BMO par bassin d’emploi, et İŞKUR publie aussi des rapports par province.
- Croisez la demande avec votre profil. Un métier en tension n’est un bon choix que si le travail correspond à vos intérêts et à vos points forts.
Sans enquête de ce type dans votre pays, demandez des données officielles à un conseiller d’orientation ou au ministère du Travail. Méfiez-vous aussi des listes qui ne citent aucune source.
De la demande à la décision
La demande reste un critère parmi d’autres. Combinez-la donc avec ce que vous savez de vous-même : notre guide quel métier choisir et un bilan d’orientation vous y aideront. Comparez ensuite les filières ou formations qui mènent à votre liste courte. Notre guide sur les filières d’avenir constitue alors une bonne étape suivante.
Comment ILEAP vous aide à explorer les métiers qui recrutent
Dans les écoles partenaires, ILEAP adapte les séances aux besoins du marché du travail et aux intérêts des élèves. Des experts de différents domaines expliquent aussi à quoi ressemble vraiment leur travail. Ils viennent notamment du commerce, des médias et du marketing, de la santé, des sciences et des technologies. Puis l’accompagnement individuel aide chaque élève à transformer ces informations en plan. Découvrez les domaines et les experts ou explorez le programme ILEAP.
Questions fréquentes
Quels sont les métiers qui recrutent le plus en ce moment ?
Cela dépend du pays, alors consultez les données locales. En France, selon la BMO 2026, la santé, le social et les services à la personne comptent le plus de projets. En Turquie, İŞKUR (2025) cite notamment les serveurs, les soudeurs, les chauffeurs et les cuisiniers parmi les métiers difficiles à pourvoir.
Un métier avec beaucoup d’offres est-il toujours un bon choix ?
Pas toujours. Beaucoup d’offres peuvent aussi signaler des emplois saisonniers, des postes débutants ou un fort renouvellement du personnel. En revanche, un métier qui peine à recruter et correspond à vos compétences envoie souvent un signal plus solide.
À quelle fréquence faut-il vérifier le marché du travail ?
Une fois par an suffit pour la plupart des élèves, car les grandes enquêtes paraissent chaque année. Vérifiez à nouveau avant de choisir une filière ou une formation.



